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Quels sont les risques du vapotage selon le rapport de l’ANSES ?
SOMMAIRE
- Le rapport de l’ANSES évalue les risques sanitaires de la cigarette électronique
- Les effets cardiovasculaires de la cigarette électronique
- Les effets respiratoires de la cigarette électronique
- Les effets cancérogènes de la cigarette électronique
- Les effets de la cigarette électronique sur les enfants des femmes enceintes qui ont vapoter durant leur grossesse
- Le vapotage vs le tabagisme selon le rapport de l’ANSES
La cigarette électronique pourrait être dangereuse pour la santé, avec des risques cardiovasculaires, respiratoires et cancérogènes. C’est ce que laisse entendre l’ANSES dans son compte-rendu sur son dernier rapport sur les produits de vapotage. Mais en lisant le rapport complet, on s’aperçoit que ces risques sont très limités.
Le rapport de l’ANSES évalue les risques sanitaires de la cigarette électronique
C’est dans un rapport de 720 pages que l’ANSES a rendu le résultat de ses travaux sur l’évaluation des risques sanitaires liés aux produits de vapotage. Un dossier complet, basé sur 2500 études, qui détermine les niveaux de confiance des risques de cette façon : insuffisant, possible, probable, avéré. Spoiler alert : il n’y a aucun risque avéré sur la santé pour la vape.
Afin d’étudier l’impact sur la santé de la cigarette électronique de façon optimale, l’ANSES a scindé son rapport sur les effets en quatre points :
- Les effets cardiovasculaires
- Les effets respiratoires
- Les effets cancérogènes
- Les effets sur la descendance des femmes enceintes qui ont vapoté durant leur grossesse
On vous fait un retour point par point, afin de vous expliquer ce qu’il en ressort. Tous les tableaux que vous pouvez voir ci-dessous comportent les données sur les expositions prolongées telles qu’elles sont présentées dans le rapport de l’ANSES.
Les effets cardiovasculaires de la cigarette électronique
| Poids des preuves | Risque | Études postérieures au NASEM (2017–2024) |
| Insuffisant | Hypertension artérielle | 1 étude transversale et 2 études de cohorte |
| Insuffisant | Augmentation de la plaque carotidienne | 1 étude transversale |
| Insuffisant | Survenue d’une hypertriglycéridémie | 1 étude transversale |
| Possible | Altération de la fonction ventriculaire en présence de nicotine | 2 études transversales |
| Possible | Augmentation de la rigidité artérielle | 1 essai clinique |
| Possible | Réduction de la capacité à réaliser un exercice physique | 1 essai clinique |
| Possible | Survenue de maladies coronariennes et augmentation du risque d’AVC (chez les anciens fumeurs) | 1 étude transversale et 1 étude longitudinale sur les pathologies cardiovasculaires dans leur ensemble |
| Possible | Survenue d’infarctus du myocarde (chez des sujets jamais fumeurs) | 4 études transversales et 1 étude longitudinale sur les pathologies cardiovasculaires dans leur ensemble |
| Possible | Augmentation de phénomènes proathérogènes et altération de la fonction ventriculaire | 1 essai clinique |
| Probable | Augmentation de l’agrégation plaquettaire | 1 étude transversale |
| Probable | Augmentation de la pression artérielle systolique et/ou diastolique, de la fréquence cardiaque en présence de nicotine | 6 essais cliniques, 5 études transversales et 1 étude de cohorte |
| Probable | Altération de la fonction endothéliale en présence de nicotine | 6 essais cliniques, 5 études transversales et 1 étude de cohorte |
On constate que différents risques au niveau cardiaque sont soupçonnés chez les personnes utilisant des produits de vapotage. L’ANSES explique que la survenue d’infarctus du myocarde est possible, mais pas avéré. En ce qui concerne l’hypertension liée au vapotage, celle-ci est écartée du fait de preuves insuffisantes.
Les effets respiratoires de la cigarette électronique
| Poids des preuves | Risque | Études postérieures au NASEM (2017–2024) |
| Insuffisant | Asthme | 5 études transversales et 2 études longitudinales |
| Insuffisant | Bronchite | 1 étude transversale |
| Insuffisant | Toux | 2 études transversales et 2 études longitudinales |
| Insuffisant | Sifflement | 3 études transversales et 4 études longitudinales |
| Possible | Augmentation de la fraction expirée de monoxyde d’azote (marqueur spécifique de l’inflammation pulmonaire) | 2 essais cliniques |
| Possible | Survenue de broncho-pneumopathies chroniques obstructives (BPCO) | 5 études transversales, 2 études longitudinales et 3 études expérimentales in vivo |
Si d’un point de vue cardiaque, la vape aurait possiblement des répercussions négatives sur le corps, la bonne nouvelle est que son impact sur les fonctions respiratoires serait bien moins important. En effet, l’ANSES écarte le lien entre le fait de vapoter et l’asthme, la bronchite, la toux et les sifflements.
Pour ce qui est de la BPCO ou bronchopneumopathie chronique obstructive, l’agence nationale de sécurité sanitaire reconnaît que les études possèdent des limites à ce niveau, pour deux raisons. La première est qu’il est difficile d’attribuer purement le développement de cette maladie au vapotage, la BPCO résultant de différents facteurs dont le tabac, l’exposition à des produits, la pollution ou encore des facteurs génétiques.
La seconde limite au lien entre vape et BPCO est que cette maladie ne survient généralement qu’au bout d’une dizaine d’années d’exposition et qu’elle concerne majoritairement des gros fumeurs.
Les effets cancérogènes de la cigarette électronique
| Poids des preuves | Risque | Études postérieures au NASEM (2017–2024) |
| Possible | Effets génotoxiques et mutagènes | 1 étude transversale, 3 études in vivo et 9 études in vitro |
| Possible | Altérations épigénétiques | 2 études transversales, 1 étude in vivo et 4 études in vitro |
| Possible | Modification du transcriptome | 5 études transversales, 2 études in vivo et 1 étude in vitro |
| Possible | Processus néoplasiques | 2 études in vivo |
S’il serait possible que les produits de vapotage engendrent des cancers, l’ANSES rappelle « qu’à ce jour, aucune étude menée chez les utilisateurs de cigarette électronique n’a mis en évidence le développement de tumeurs. »
L’ANSES rappelle que le développement d’un cancer est long et multifactoriel, et qu’il est difficile de juger les effets de la vape qui est relativement jeune.
Les effets de la cigarette électronique sur les enfants des femmes enceintes qui ont vapoter durant leur grossesse
| Poids des preuves | Risque | Études |
| Possible | Effets cardiovasculaires | 2 études in vivo |
| Possible | Effets respiratoires | 2 études in vitro et 5 études in vivo |
Le fait de vapoter durant la grossesse est fortement déconseillé pour éviter tout risque pour l’enfant à naître. L’ANSES confirme que de possibles effets cardiovasculaires et respiratoires sont à redouter chez les bébés des femmes enceintes vapoteuses. Toutefois, l’organisme reconnaît que des études complémentaires sont à prévoir, les études sur lesquelles les résultats sont basés n’ayant porté que sur des rongeurs.
Le vapotage vs le tabagisme selon le rapport de l’ANSES
| Effets sanitaires néfastes | Poids des preuves pour la fumée de tabac | Poids des preuves pour les émissions de cigarette électronique |
|---|---|---|
| Effets cardiovasculaires – Population générale | Probable | Possible |
| Effets respiratoires – Population générale | Avéré | Possible |
| Effets cancérogènes – Population générale | Avéré | Possible |
| Effets cardiovasculaires chez la descendance de la femme enceinte | Avéré | Possible |
| Effets respiratoires chez la descendance de la femme enceinte | Avéré | Avéré |
L’ANSES conclut avec un comparatif entre les risques du vapotage et ceux liés au tabagisme. Ce qui est intéressant, c’est de constater que les effets négatifs de la vape sur la santé sont qualifiés de possibles, tandis que ceux du tabac sont avérés. Cela fait toute la différence en matière de risques !
De plus, l’ANSES reconnaît que certaines études sont imprécises, puisqu’elles ne relatent pas la composition des e-liquides ni la durée d’exposition. L’agence reconnaît également que le tabagisme, qu’il soit passé ou pratiqué en parallèle du vapotage, peut avoir induit des lésions chez les vapoteurs.
Que conclure du rapport de l’ANSES sur les produits de vapotage ?
Pour conclure son, l’ANSES recommande de ne pas fumer et de ne pas vapoter. Ça, on vous l’aurait bien dit ! Toutefois, elle indique : « Si le fumeur a des difficultés à arrêter, la cigarette électronique peut être une solution alternative (dans un esprit de réduction des risques par rapport à la cigarette conventionnelle) » en précisant qu’elle doit être vue comme une « une alternative transitoire qui conduit à un arrêt complet ».
L’ANSES demande à l’État d’assurer un suivi du marché et de rendre obligatoire des normes afin de protéger les consommateurs, tout en poursuivant un travail de sensibilisation des publics aux risques liés au vapotage, notamment des plus jeunes.
Pour résumer, on peut affirmer de source sûre que fumer est plus risqué que de vapoter. La cigarette électronique « peut être envisagée comme une option transitoire pour les personnes rencontrant des difficultés à arrêter de fumer » comme l’atteste l’ANSES, mais il est primordial d’arrêter de fumer à côté. Et, bien sûr, il est important de faire un sevrage nicotinique en vue d’arrêter complètement de vapoter !
Bien qu’il ne soit pas avéré que les produits pour la vape aient des risques cardiovasculaires, respiratoires et cancérogènes, ces risques sont toutefois probables, voire possibles. Autant donc ne pas mettre sa santé en jeu et adopter dès à présent des bonnes résolutions !
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